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Equipes de France jeunes

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"Les organisateurs nous ont oubliés pour la finale"

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12e, 10e, non qualifiée, 10e, non qualifiée. Le bilan de l’Equipe de France U18 à l’Euro dans les années 80 tenait du chemin de croix. Avant une légère embellie en 1990 à Groningen. Un jeune entraîneur, Jean-Pierre de Vincenzi (33 ans) dirige une équipe où figurent plusieurs éléments prometteurs. Antoine Rigaudeau, Stéphane Risacher et Yann Bonato terminent à la 7e place de la compétition continentale. "Nous étions un peu déçus mais d’un autre côté on sortait de 20 ans de disette donc 7e c’était une première étape", se rappelle le coach de l’époque. "Tout ça n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat d’une politique fédérale avec la création des pôles espoirs et des centres de formation."
Au sortir de l’Euro, JPDV reprend une nouvelle génération avec laquelle il va travailler pendant presque deux ans. "Il nous fallait une défense de fer et 12 mecs capables de rentrer et sortir à tout moment à la mode universitaire américaine. Tu rentres tu sors, tu fermes ta gueule." L’effectif fluctue en fonction des états de forme et des sautes d’humeur des uns et des autres avant de prendre sa forme finale quelques semaines seulement avant le déplacement en Hongrie, à Budapest. "Des joueurs sont arrivés au dernier moment, notamment Olivier Saint-Jean. Geneviève Guinchard avait poussé pour qu’on le  teste. David Lesmond est carrément venu me voir au culot pour être évalué à nouveau alors qu’il n’était plus dans le groupe."

La troupe met le cap à l’Est pour s’installer dans un établissement que la légende présente… comme un hôtel de passe. "La légende du bordel…", sourit Jean-Pierre de Vincenzi. "Le trait est un peu grossi. Disons qu’il se passe plein de choses dans un hôtel. Là ça faisait un peu hall de gare, beaucoup de passage, beaucoup de bruit." Mais les Bleuets ont dans leur manche un atout de poids. Le chef de délégation n’est autre qu’Yvan Mainini. Celui qui va devenir quelques semaines plus tard le Président de la FFBB est un arbitre référence et une personnalité particulièrement respectée à la FIBA. "Il nous a fait déménager sur les hauteurs de Budapest dans un centre de préparation olympique de saut à ski." Bien installés dans leur nouveau pied à terre, les Bleuets débutent un Euro pas tout à fait comme les autres. La carte du basket européen a été redessinée avec l’explosion de la Yougoslavie et de l’URSS qui s’étaient partagées 13 des 14 précédents titres. Grâce à trois succès en quatre rencontres, la France accède en demi-finale en pratiquant un basket tout en débauche d’énergie. "Les gars avaient accepté une préparation d’enfer. Le coach grec était venu me voir à un match amical pour me dire : mais vous ne tiendrez jamais à ce rythme !", remarque Jean-Pierre de Vincenzi, qui retrouve justement cet homologue dans le dernier carré.

Une rencontre au couteau que les U18 avaient préparé en ciblant Nikos Ekonoumou, l’intérieur plaque tournante des Hellènes. Philipe Giralt est missionné pour le ralentir. Mission accomplie mais à quatre secondes du buzzer la Grèce mène de deux points, 75-77. Temps-mort tricolore et Yann Barbitch, comme au tableau noir, dépose le ballon dans le cercle pour cinq minutes supplémentaires. "Je me tourne vers le coach adverse. Les bras lui en tombent et je me dis que c’est tout bon pour la prolongation." La France file en finale pour y retrouver l’Italie, championne en titre.

Un adversaire qui, comme d’autres, prend la France de haut. Le basket tricolore n’est pas une référence chez les jeunes et la victoire des Transalpins de 24 points en poule les conforte dans leurs certitudes. "Dans leur esprit ils pensaient qu’ils allaient nous tartiner", assène Jean-Pierre de Vincenzi qui va vivre une expérience inédite le jour de la finale. "Les organisateurs nous ont oubliés. On a dû prendre des taxis ! Yvan Mainini, encore une fois, est intervenu et a réussi à négocier du temps d’échauffement en plus." Un contretemps qui ne perturbe finalement pas des Français emmenés par un trio sudiste décisif. Yann Barbitch, Laurent Foirest et Laurent Sciarra inscrivent chacun 21 points et en s’appuyant sur un système avec quatre extérieurs, renversent totalement la rencontre en deuxième mi-temps (51-33).

Une bande de doux dingues, qui livreront une troisième mi-temps tout aussi exceptionnelle, viennent de faire irruption dans le concert du basket européen. "Les mecs s’en foutaient, on pouvait leur mettre n’importe qui en face", estime leur entraîneur. "C’est l’équipe avec laquelle j’ai le plus pris mon pied… Moi je leur parlais toujours de la génération 71. Les 71 faisaient ceci, les 71 faisaient cela. Après la finale on fait la photo. J’étais devant accroupi. Sciarra m’appelle. Je me retourne. "Hey, Jean-Pierre : les 71 ! Et il me fait un bras d’honneur." Ils ont dû se dire que je n’allais plus les faire chier avec les 71. Mais c’était tellement mignon." Des juniors 92, Olivier Saint-Jean deviendra Tariq Abdul-Wahad, le premier joueur français à évoluer en NBA. Laurent Foirest, Laurent Sciarra et Cyril Julian seront de l’aventure olympique de Sydney en 2000. Mais c’est bien lors de cet été hongrois que le basket français a pris un virage et appris à gagner.

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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Lundi, 3. Août 2020
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C’est une victoire historique. Celle qui a placé les Equipes de France de jeunes sur la carte du basket européen. En 1992, Jean-Pierre de Vincenzi mène les juniors à une médaille d’or à l’Euro. Avec sous ses ordres trois futurs médaillés olympiques.
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"Aux vestiaires je leur pourris la vie"

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Il était présent, avec eux, sur le podium. Son nom inscrit sur des bouts de tissus tenus par Tanguy Ramassamy et Alexis Tanghe. "Pour Jonathan Bourhis". Leur pote, avec qui ils avaient disputé l’Euro U18 puis le Mondial U19, à Auckland, en Nouvelle-Zélande en juillet 2009. Cinq mois plus tard, le meneur de Dijon, 19 ans, mourrait dans un accident de voiture, au retour d’une rencontre où le meilleur marqueur et passeur du championnat espoirs avait passé 13 minutes sur le parquet de Toulon avec les pros. Un drame qui avait profondément marqué le basket français, la JDA et ses coéquipiers en sélection. "La perte de Jonathan a complétement soudé le groupe dans les moments difficiles", remarque Jean-Aimé Toupane, leur entraîneur chez les U20.

La génération 90 n’est en effet pas attendue. Elle n’a jamais connu les joies d’une médaille dans les autres catégories et ne brille pas par sa force de frappe offensive. Elle défend en revanche le plomb et lors des premières rencontres, parvient à passer entre les gouttes. Mais lors de la deuxième phase de poule, la Croatie remet violemment les Bleuets face à leurs limites (40-65) puis l’Espagne les laisse à la troisième place (66-69) avant les quarts de finale. En six matches, la France n’a tourné qu’à 57,2 points de moyenne. "En préparation on avait fait un quart-temps à 4-4, donc ce n’était pas une surprise", sourit Toupane. "Mais on ne lâchait jamais."

Les surprenants ukrainiens se présentent sur la route des Tricolores. Ils explosent en seulement dix minutes (31-12) et subissent un spectaculaire bombardement extérieur (16/32 à trois-points) qu’ils n’avaient certainement pas prévu. Les retrouvailles avec l’Espagne ont lieu en demi-finale. Et un joueur va toucher au sublime. Paul Lacombe perd tout sens commun pendant de longues minutes, enchaîne tirs de loin et attaques du panier pour terminer à 23 points et porter la France en finale. "Il nous avait tenus, il nous avait portés. Il a été extraordinaire", souligne Jean-Aimé Toupane, qui va cependant rapidement calmer les ardeurs de ses troupes. "Aujourd’hui certains m’en reparlent encore. Je voyais tout le monde courir dans tous les sens. Ils se comportaient comme si c’était fini. Alors quand je rentre dans les vestiaires, je leur pourris la vie."

Une remise en place qui puise sa source dans la frustration ressentie par le coach un an plus tôt à Rethymnon, en Grèce. A la tête d’une équipe talentueuse (Antoine Diot, Edwin Jackson, Thomas Heurtel, Kevin Séraphin), il avait dû baisser pavillon face à la Grèce. Des Grecs de nouveau présents en finale, invaincus et dominateurs depuis le début de l’Euro, dans le sillage des futurs joueurs d’Euroleague Kostas Sloukas, Kostas Papanikoalou et Nikos Pappas. Ce dernier, meilleur marqueur de la compétition est intenable mais les U20 vont se trouver un improbable stoppeur. "Le petit Henry Kahudi est allé voir mon assistant Laurent Vila et lui a dit : Pappas j’en fait mon affaire. Laurent lui a répondu, tu n’as qu’à le dire au coach. Il est venu : Aimé, Pappas, j’en fais mon affaire." Alors qu’il ne joue que 6 minutes en moyenne le meneur du Mans ralentit le serial scoreur et la Grèce termine la première mi-temps K.-O. (41-22). Malgré un come-back inspiré, elle ne recollera jamais, maintenue à distance par la vista d’Andrew Albicy (20 pts, 5 rbds, 4 pds), élu MVP de l’Euro.

La France, qui a déjoué tous les pronostics, inscrit pour la première fois son nom au palmarès de la catégorie. Avec un supplément d’âme et une approche collective irréprochable : "Cette victoire c’est le résultat de la volonté de comprendre que ce qu’on sait faire de mieux et de le mettre au service de l’équipe."

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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Samedi, 18. Juillet 2020
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La victoire de la France à l’Euro U20 en 2010, à Zadar, est sans doute la plus inattendue de l’histoire des compétitions de jeunes.
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FIBA
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"Ce n’est pas facile à piloter une Ferrari"

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"On était en mode gestion de crise. On a fait des réunions. Par groupes. Par joueur. Ça la foutait mal quand même."  Le 20 juillet 2006, lors du dernier match de la première phase de poule de l’Euro U18, la France favorite de la compétition, se prend les pieds dans le tapis contre l’Islande. L’Islande ! Le revers inattendu ne remet pas en cause la qualification pour la seconde phase des Tricolores mais elle met cruellement en lumière que la machine de guerre attendue est totalement grippée. L’entrée en matière avait pourtant été spectaculaire avec l’atomisation en règle de la Croatie (90-56). Les U18 sont alors dans la lignée de leur remarquable prestation au tournoi de Mannheim. "Un des plus grands souvenirs de ma carrière", estime Richard Billant. Champions d’Europe U16 en 2004, la génération 88-89 est persuadée qu’elle va doubler la mise. Mais elle en oublie ses principes de base, la défense, et est rappelée à l’ordre par l’Espagne avant le couac islandais. "Il faut toujours être modeste en sport", rappelle leur entraîneur. Le début du deuxième tour n’apporte pas de réconfort immédiat. Un nouveau revers contre la Lituanie met la France dos au mur.

Si elle veut rallier les demi-finales elle doit commencer par dominer la Grèce. Bien des années plus tard, certains juniors auront une tendance à légèrement réécrire l’histoire. Se souvenant d’une ambiance explosive dans la petite salle d’Amaliada. "Il n’y avait pas grand monde", sourit Richard Billant. "Et puis on les a éteints d’entrée." Les locaux sont effectivement éparpillés aux quatre coins du parquet (+43) et perdent leurs nerfs. "Un mec a craché sur Nicolas Batum et a été expulsé." A l’image de son équipe, l’ailier du Mans est relancé (18 pts, 16 rbds) est relancé. L’Italie résiste mais est écartée et le top 4 est atteint. "La peur avait disparu", note Richard Billant. "On se sentait invincibles. On était tombé tellement bas qu’on pensait que plus rien ne pouvait nous arriver. Une équipe qui a été dans la merde a souvent plus de ressources. J’ai rarement été aussi optimiste en arrivant en demi-finale…"

Les deux derniers matches sonnent comme une revanche. L’Espagne puis la Lituanie sont cette fois dominées pour offrir à la France son troisième titre européen dans la catégorie et lancer un débat pour savoir qui de la génération 82-83 (Parker, Diaw, Pietrus, Turiaf, Diawara) ou 88-89 (Batum, Ajinça, Diot, Jackson, Moerman) est la plus talentueuse. "Je savais qu’on avait une Ferrari. Et ce n’est pas facile à piloter une Ferrari !", s’exclame Richard Billant qui se souvient d’un groupe parvenu à rester uni et sérieux dans sa quête de l’or. "A Amaliada le logement était incroyable. J’avais un appartement en duplex et sur mon balcon l’escalier pour descendre directement dans la piscine. On avait serré la vis vis-à-vis des joueurs. On surveillait ce qu’ils mangeaient, Philippe Urie était missionné pour faire la police. Les autres équipes se bâfraient." Parmi les 12 juniors en or, 8 porteront le maillot de l’Equipe de France A. Un ratio exceptionnel qui a inscrit un peu plus cette génération dans l’histoire du basket français.

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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Mardi, 28. Juillet 2020
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En 2006, la France s’appuie sur une exceptionnelle génération 88-89. Déjà championne d’Europe en U16, elle confirme son statut en U18 en décrochant une nouvelle médaille d’or.
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FIBA
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"J’ai engueulé le Président Siutat !"

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Arnaud Guppillotte avait parfaitement préparé sa bulle. Son expérience lors du Mondial U17 2010 organisé à Rodez et Toulouse lui avait servi de modèle pour l’Euro U16 2017 à Bourges. Alors qu’habituellement les jeunes ont, à quelques exceptions près, l’habitude d’évoluer devant quelques membres de la famille dans des salles aux travées dégarnies, une compétition à domicile modifie la donne. Le Palais des Sports de Toulouse avait ainsi affiché guichets fermés pour la finale contre les Etats-Unis et le coach tricolore conserve des étoiles dans les yeux quand il reparle de l’enceinte toulousaine. "C’était le Pana ! Les filles étaient perdues. J’avais des frissons. L’expérience m’a vraiment été utile pour Bourges."

Avant de rejoindre le Cher, Arnaud Guppillotte a clairement défini ses objectifs : "prendre les énergies positives sans tomber dans les pièges." Initiative rare chez les jeunes et encore plus dans la catégorie U16, il fait appel au service communication de la FFBB. Sylvain Bourdois-Chupin, attaché de l’Equipe de France féminine à l’époque, intervient auprès des joueuses pour les familiariser aux sollicitations médiatiques et à l’utilisation des réseaux sociaux. Un protocole de fin de match très précis est mis en place afin d’éviter que l’équipe ne se disperse après les rencontres. Les U16 sont en ordre de marche, ambitieuses mais protégées. Tout est sous contrôle mais un matin, au petit déjeuner, alors que la compétition va débuter, le Berry Républicain choisit de consacrer sa Une à une interview du Président Jean-Pierre Siutat qui annonce sans détour : "L’Equipe de France doit être championne d’Europe." Une sortie qui ne cadre pas avec la préservation d’un groupe de jeunes filles encore tendres. "Je l’ai engueulé !", sourit Arnaud Guppillotte. "Gentiment… mais je l’ai quand même engueulé. Je n’étais pas certain qu’elles aient la maturité pour affronter ça. Bien sûr on visait le titre. C’était une conviction. Mais il n’y a jamais de certitudes."

Ses joueuses vont cependant rapidement le rassurer. Elle survole la phase de poule en remportant trois larges victoires (30,3 pts d’écart en moyenne) puis enchaîne lors de la phase finale. +43 en huitièmes de finale, +34 en quarts, +17 en demi. La Hongrie va gêner ce rouleau compresseur pendant une mi-temps en finale mais doit baisser les armes face au festival de loin de Zoé Wadoux, auteur de six tirs primés. La France est championne d’Europe devant 3000 spectateurs réunis au Prado. La shooteuse du Nord est retenue dans le cinq idéal de la compétition en compagnie d’Iliana Rupert, élue MVP après avoir tourné à 13,7 points et 10,5 rebonds en seulement 22 minutes. L’autre pépite de la sélection, Marine Fauthoux, blessé en préparation, n’a disputé que les quatre dernières rencontres, symbole d’une équipe qui a dû faire face à de nombreuses blessures sans jamais dévier de son objectif. "Pour certaines cela restera certainement le plus beau souvenir de leur vie", conclut Arnaud Guppillotte. "J’ai souvent les joueuses au téléphone. Et à chaque fois elles en parlent. Elles ne parlent que de ça. Je leur avais dit qu’un titre nous relierait à vie."

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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Dimanche, 26. Juillet 2020
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En 2017, Bourges accueille l’Euro U16. L’Equipe de France est programmée pour remporter le titre même si son entraîneur essaye de préserver ses troupes de toute pression.
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FIBA
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"A l’époque c’était presque irréalisable"

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A jamais les premières. Certaines s’en étaient approchées. Et les U16, justement, venaient d’enchaîner deux podiums consécutifs en 1997 et 1999. Mais jamais une équipe féminine de basket n’avait encore goûté aux joies d’une médaille d’or. Francis Denis et sa troupe ont donc ouvert une voie, il y a près de 20 ans. "Et deux mois après Alain Jardel faisait médaille d’or avec les A", sourit l’entraîneur des U16 de l’époque. Un coach qui mesure à quel point la perspective d’un potentiel succès n’était pas encore complètement ancré dans les esprits de l’époque. "C’était une réflexion que j’avais faite aux filles. Après les demi-finales une joueuse m’avait dit, on a fait mieux que les précédentes cadettes. Je lui avais répondu que c’était l’opportunité d’être les premières. A l’époque c’était quasi irréalisable. Ça leur suffisait presque d’arriver en finale. Il fallait les piquer."

Une dimension psychologique centrale dans la conquête du titre. Au début des années 2000, la préparation mentale fait irruption dans la vie des équipes de basket. "Cela s’inscrit dans la lignée de la préparation physique du basketteur, en opposition à la simple préparation athlétique. Au début il s’agissait de sophrologie, de relaxation. Et rapidement c’est rentré dans le fonctionnement au quotidien. Sans qu’on s’en aperçoive. Dans l’approche de la concentration, de la confiance, de la relation avec le staff, dans les exercices proposés." Une approche nouvelle qui vient s’ajouter à un travail technique et tactique de fond. Avec une compétition tous les deux ans, le staff a l’occasion de travailler au long cours avec les joueuses. Francis Denis avait ainsi calculé avoir passé 150 jours de stage et disputé 51 matches internationaux avec la génération 85.

Quand débute l’Euro, à Veliko Tarnovo, en Bulgarie, le technicien tricolore a la certitude que son groupe peut viser la finale. "On avait de la marge", estime-t-il. "Deux équipes nous posaient problème. La Serbie, que l’on n’avait pas rencontrée. Et la Russie que nous n’avions jamais battue." Après une victoire face à l’équipe hôte puis une sortie de piste contre l’Italie touchée par la grâce offensivement, la France domine justement, et avec fermeté (+14), l’ogre russe. "Elles avaient les mains en haut du guidon en poule", précise Francis Denis. "Mais cela nous a permis de comprendre qu’on pouvait les battre."

Décomplexées, les Bleus écrasent la Serbie (+40), l’Espagne (+24) et la République Tchèque (+38) pour s’offrir un deuxième round en finale contre des Russes désormais bien plus méfiantes. Le combat est acharné mais dans le sillage de ses leaders Fatoumatou Sacko (15 pts, 11 rbds), Elodie Godin (14 pts, 12 rbds) et surtout Pauline Krawczyk (25 pts), les Bleuettes font la différence dans les dernière secondes pour s’imposer d’un souffle (68-66). "C’était une joie monumentale, extraordinaire", se souvient Francis Denis, qui a remporté sept médailles avec les équipes de jeunes. Le 29 juillet 2001, ses protégées, qu’il retrouvera par la suite en U20, ont écrit une page importante de l’histoire du basket féminin français.

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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Lundi, 20. Juillet 2020
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En 2001 à l’Euro en Bulgarie, les U16 deviennent la première Equipe de France féminine de l’histoire à remporter une médaille d’or.
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FIBA
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"On a eu chaud aux fesses"

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De 2005 à 2013, Grégory Halin a dirigé des Equipes de France de jeunes : U16, U18, U19, U20. Il a remporté trois médailles. Pourtant, en 2006, il n’était pas sur le banc des U16 lors de l’Euro en Slovaquie. La veille du début de la compétition, il est rapatrié sur Paris suite à… une rupture du tendon d’Achille survenue lors d’un 2x2 avec son staff. "Autant dire qu’un an plus tard, j’y suis allé mollo", sourit l’entraîneur du Pôle France en LF2. Une prudence dictée par la volonté de préserver sa santé mais surtout par la volonté de ne pas passer à côté de la chance de diriger deux joueuses qui placent automatiquement la France parmi les candidats au titre. Diandra Tchatchouang et Allison Vernerey ont déjà participé à l’Euro de la catégorie en 2006, avec un an d’avance, et pour Tchatchouang il s’agit même d’une troisième participation ! "J’ai récupéré Diandra une semaine avant la compétition", explique Grégory Halin à propos de ce phénomène de précocité, alignée par François Gomez avec les U18 avant de rejoindre sa génération.

Sans forcer, les Tricolores sortent du premier tour avec trois succès (25,3 pts d’écart) mais au moment de débuter le deuxième tour, elles frisent la correctionnelle face à la Belgique. Tchatchouang et Vernerey doivent cette fois s’employer (40 pts, 23 rbds) pour éviter un faux-pas potentiellement fatal dans l’optique d’une qualification en demi-finale. "On a eu chaud aux fesses", admet leur entraîneur. "Mais quand on a été dans le dur plus tard, cela nous a aidés." Après un succès contre la Lettonie qui les envoie au top 4, les U16 chutent lourdement face à l’Espagne, 63-77. Mais en écartant fermement la Serbie en demi-finale (+19), elle s’offre une revanche le 5 août, à Valmiera.

Après 10 minutes de jeu, elles sont déjà dans les cordes (-8) mais une promesse du passé va les sauver. "Deux ans avant nous perdons en finale contre l’Espagne. J’avais hésité à faire zone. Et après le match je m’étais dit, putain, j’aurais dû. Je m’étais promis que si j’étais à nouveau en difficulté contre l’Espagne, je n’allais pas hésiter cette fois." Le changement est immédiat et le résultat spectaculaire. Les Espagnoles restent bloquées à 4 points dans le second quart-temps. Le momentum a changé de camp et dans un ultime effort, la France s’impose 60-57. Une nouvelle fois, le duo Tchatchouang-Vernerey a dévasté la raquette. La première se fend de 17 points, 15 rebonds, 3 passes décisives et 2 contres en route vers le trophée de MVP. La seconde de 22 points, 19 rebonds et 2 contres, sélectionnée dans le cinq idéal. "La hiérarchie était très définie avec les joueuses majeures, les joueuses intermédiaires et les joueuses du banc. Et chacune connaissait parfaitement son rôle. A la minute près je connaissais mes rotations", remarque Grégory Halin.

Vernerey-Tchatchouang. Deux registres différents. Deux destins opposés également. Parties toutes les deux étudier aux Etats-Unis, l’une a privilégié les études tandis que l’autre est devenue une incontournable en Equipe de France. A l’issue de son cursus à Duke, Allison Vernerey a raccroché les baskets mis à part une parenthèse d’un an, pour le plaisir, en Nationale 3. Après avoir obtenu un MBA elle s’est installée à Atlanta pour y travailler. "Il ne fallait pas être devin pour savoir que Diandra allait réussir", note leur entraîneur. "Allison était plus laborieuse. Elle apportait une dureté et un engagement extrêmes. C’était une Rodman en U16." Un binôme de rêve qui le temps d’un été a mis l’Europe à ses pieds.

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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Vendredi, 24. Juillet 2020
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Chapeau: 
En 2007, en Lettonie, l’Equipe de France U16 féminine remporte le titre européen, portée par deux joueuses archi dominatrices, Diandra Tchatchouang et Allison Vernerey.
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FIBA
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"Ça m’a marqué toute ma vie"

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"Mon souvenir ? L’importance du détail." Huit ans après la finale de l’Euro U20 2012 à Ljubljana, Jean-Aimé Toupane ne s’est pas complètement remis du dénouement de la rencontre face à la Lituanie. Après une bouillie de basket marquée par une adresse famélique (25,9%), la France est encore en mesure de gagner le titre. Elle est menée 49-50 à 14 secondes de la fin avec la balle en main. Temps-mort. Léo Westermann, futur MVP de la compétition, temporise en tête de raquette puis va s’enferrer entre trois défenseurs baltes après un semblant d’écran de Louis Labeyrie. Perte de balle. Edgaras Ulanovas s’échappe avec le ballon et le titre. "On n’a même pas pu prendre un tir. Et je ne sais toujours pas ce qui s’est passé. J’en parle encore aujourd’hui. Ça m’a marqué toute ma vie", se désole Toupane.

Pour les Bleuets, l’argent est une déception. La génération 92 est prometteuse et ambitieuse malgré l’absence de son fer de lance, Evan Fournier, drafté quelques semaines plus tôt par les Denver Nuggets. Rudy Gobert, Léo Westermann, Axel Toupane, Louis Labeyrie, Axel Julien et deux 93, Livio Jean-Charles et Hugo Invernizzi, deviendront tous internationaux chez les A. "C’était une équipe avec beaucoup de talents. Pour certains c’était joué d’avance, on irait au bout", admet Toupane.

Un trop plein de certitudes battu en brèche par l’Allemagne dès l’ouverture de l’Euro. Les Bleuets vont faire preuve d’une remarquable constance dans l’inconstance, cumulant trois défaites lors des six premiers matches de poule. "Cette équipe me faisait penser à celle de l’année précédente, à Bilbao. Nous n’avions perdu qu’un match, préparation et Euro compris, en arrivant en demi-finale. Les joueurs n’arrêtaient pas de répéter : t’inquiète coach, t’inquiète coach. Et en général quand on me dit ça, je m’inquiète." Qualifiés de justesse pour les quarts de finale après une fessée infligée par la Grèce (-17), ses protégés vont pourtant le rassurer en sortant le grand jeu contre la Slovénie, invaincue et soutenue par 6000 fans à la Stozice Arena. La France réalise une deuxième mi-temps de rêve (49-22) grâce au duo extérieur Westermann-Toupane (40 pts) et un Gobert dominateur sous les panneaux (16 pts, 12 rbds, 3 blks). Dans la foulée l’Espagne est écartée et contre une Lituanie qu’Aimé Toupane qualifie lui-même de "bonne équipe sans plus", les Tricolores sont nettement favoris. "Il faut être focus jusqu’au bout… mais quand tu te sens tellement fort", regrette un coach qui a quitté la Slovénie avec une leçon douloureusement retenue. "On a tous envie d’avoir les meilleurs. Mais s’il y a bien quelque chose que j’ai appris c’est que les autres peuvent aussi faire le travail."

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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Mercredi, 15. Juillet 2020
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Malgré un roster clinquant, l’Equipe de France a peiné pendant l’Euro U20 2012. Si elle sort ensuite le grand jeu lors des phases finales, elle trébuche finalement sur l’ultime marche, par le plus petit des écarts.
crédit: 
FIBA
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La FFBB lance « LE LAB FRANCE BASKETBALL »

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Le LAB est un rassemblement unique de toutes les Équipes de France de jeunes sous l’égide des entraineurs nationaux dont Valérie Garnier et Vincent Collet.

Il se déroulera du lundi 24 au jeudi 27 août 2020 à Paris, dans les installations du « Pôle France BasketBall - Yvan Mainini » basées à l’INSEP.

Au total, ce sont plus d’une douzaine d’Équipes de France de basket, féminines, masculines, 5x5 et 3x3 qui seront rassemblées la dernière semaine d’août à l’INSEP.

Quatre jours de rassemblement, d’entrainements adaptés à la reprise d’activité, de colloques et d’échanges intergénérationnels entre celles et ceux qui portent, aujourd’hui et demain, les couleurs de la France.

Des joueurs et joueuses des Équipes de France A seront présents pour ce rendez-vous exceptionnel qui s’inscrit dans le cadre de la nouvelle olympiade 2020-2024 qui amènera le basket français jusqu’aux Jeux de Paris.

Surtitre: 
Equipes de France
Auteur: 
Fabrice Canet / FFBB
Date d’écriture: 
Mardi, 14. Juillet 2020
Vignette: 
Valérie Garnier et Vincent Collet aux côtés de Jacques Commères, seront de nouveau réunis la dernière semaine d'août à l'INSEP
Catégorie 2: 
Chapeau: 
Au lendemain de la Fête Nationale, la Fédération Française de BasketBall annonce la création du programme « LE LAB FRANCE BASKETBALL ».
crédit: 
Bellenger / is / FFBB
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"Je me suis dit que ça allait être un chemin de croix"

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En 2001, deux ans après son arrivée à la tête du Pôle France, à l’INSEP, Richard Billant, ancien entraîneur en Pro B au Havre, reçoit un sacré cadeau. Entraîner l’Equipe de France U20. Celle de la génération 82-83, championne d’Europe U18 un an plus tôt à Zadar. Tony Parker, Boris Diaw, Mickaël Pietrus, Ronny Turiaf. Du luxe. Grand luxe. Une équipe qui doit malgré tout en passer par des qualifications en Hongrie pour assurer sa place à l’Euro 2002 en Lituanie. "J’arrivais en Equipe de France. 20 ans et moins quand même !", sourit l’actuel sélectionneur du 3x3. "Je me suis dit : ça va être super. On arrive à Székesfehérvár, à une heure de route de Budapest, début juillet. Une chaleur pas possible. Ils nous mettent dans un lycée. Des dortoirs. Par six. Pas de rideaux aux fenêtres. Des moustiques. La bouffe innommable. La totale." Sans Pietrus, la France remporte malgré tout ses cinq rencontres. Parker régale sur le terrain (25,8 pts, 6,8 pds) et en dehors, commandant des pizzas pour améliorer l’ordinaire de ses troupes.

Mais 12 mois plus tard, au coup d’envoi de la préparation, le leader maximo a disparu. Après une saison de rookie prometteuse, les Spurs ne tiennent pas à voir leur nouveau meneur titulaire arpenter les parquets des compétitions de jeunes. "L’année d’avant, dans des conditions de merde, tout s’était bien passé. Avec Parker tout le monde filait droit", remarque Richard Billant qui tombe, à Vittel dans un véritable panier de crabes. Les adolescents d’hier sont devenus des hommes. Qui se jaugent, se défient. "Ceux qui étaient partis aux Etats-Unis voulaient faire voir aux autres qu’ils étaient les meilleurs. Pareil pour ceux qui étaient déjà en pro. J’ai voulu faire venir Ilian Evtimov. Mais il ne faisait pas partie de l’équipe avant. Les autres le faisaient chier. Mais il n’a jamais bronché. C’est un mec génial." L’unité des junior en or est loin, l’ambiance clairement tendue et certains sont proches de faire leurs valises pendant la préparation. Mais le talent est bien présent et après un tournoi à Paris, à la Halle Carpentier, la France semble avoir trouvé sa vitesse de croisière.

A son arrivée à Alytus où elle loge dans un sanatorium en pleine forêt, elle sombre pourtant lors du match d’ouverture face à l’Espagne : 53-89. "Une branlée monumentale", souffle Richard Billant. "Une Bérézina." Les Bleuets alternent ensuite le chaud et le froid pour arracher la quatrième place de leur poule et un passage en quart de finale contre la Slovénie du trio magique Sasha Vujacic-Beno Udrih-Erazem Lorbek. Dos au mur, ils sortent le grand jeu dans le sillage d’un Mickaël Pietrus étincelant (23 points, 13 rebonds). Un feu de paille. Le lendemain, contre la Grèce, la défense tricolore, habituel point fort, passe au travers. Les Grecs se reposent avant tout sur leur duo d’arrières Vassilis Spanoulis-Nikos Zisis. "Il faudrait que je revoie le match. Peut-être l’analyserais-je différemment aujourd’hui mais dans mes souvenirs il y a eu de nombreuses mésententes", estime Richard Billant. "Ils avaient un système dérivé de flex et j’avais demandé des changements systématiques." Consigne tombée aux oubliettes. Spanoulis et Zisis se fendent de 50 points et 8 passes décisives en route vers le titre.

Les Français auront cependant le bon goût de conclure la compétition sur une remarquable prestation contre la Russie pour le bronze. "C’était un vrai pétard cette équipe", en rigole Richard Billant. "Ça aurait pu être un fiasco total. Je me rappelle qu’il y avait un petit lac à côté de l’hôtel à Vilnius. Avec Philippe Ory et Alain Garos on a plongé dedans à minuit, après la médaille. On était tellement soulagé de ne pas revenir bredouilles." 2002 marque incontestablement un tournant. Dans cette équipe, quatre joueurs (Diawara, Turiaf, Pietrus, Diaw) évolueront en NBA. Les staffs découvrent alors l’omniprésence des scouts, la valse des agents autour des familles et le difficile équilibre entre ambitions personnelles et collectives. Le début d’une nouvelle ère.

Surtitre: 
ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Jeudi, 9. Juillet 2020
Vignette: 
Chapeau: 
Privée de son leader Tony Parker parti en NBA, la génération 82-83 revient de Lituanie avec une médaille de bronze à l’Euro U20 2002, après avoir frôlé l’explosion en plein vol.
crédit: 
Presse Sports
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"Beaucoup d’entraîneurs ne voulaient pas les coacher"

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Oubliez le monde des Bisounours. Celui des bonnes copines qui se serrent les coudes et marchent d’un même pas vers les médailles et la gloire. Chez les jeunes comme chez les seniors les ego et les susceptibilités sont des données à gérer pour les entraîneurs nationaux, tout autant que les considérations tactiques. A l’été 2015, Jérôme Fournier s’apprête à retrouver la catégorie U20 avec laquelle il a remporté une médaille d’or un an plus tôt. Mais le programme va être légèrement bousculé. "Plusieurs entraîneurs ne souhaitaient pas travailler avec cette génération", sourit le coach. "Patrick Beesley a insisté. Comme j’aime les challenges j’ai dit oui. Et ça n’a pas été sans mal... Tout a été compliqué même."

La génération 97, renforcée pour l’occasion par plusieurs éléments nées en 1998, a terminé 5e de l’Euro U16 puis 8e du Mondial U17. Elle repose notamment sur le duo Lisa Berkani-Ornella Bankole. Mais l’association prometteuse sur le papier ne se matérialise pas sur le terrain. Et terrible coup dur, dès la première mi-temps du premier match de la compétition, Bankole s’effondre, victime d’une rupture des ligaments croisés. Le fragile édifice construit pendant la préparation vacille. "Cela a déstabilisé pas mal de choses. Mais l’équipe a su se remobiliser." Malgré cette absence les Bleuettes enchaînent les succès. Russie et Espagne sont écartées pour signer un parfait 6-0 lors des deux phases de poule. Puis les Pays-Bas sont étrillés en quart de finale : +57 !

La demi-finale est en revanche plus tendue face à la Russie. En tête pendant l’intégralité du match, les Françaises voient fondre sur elles leurs adversaires dans les dernières minutes. Mais le récital de Lisa Berkani (23 points, 10 rebonds et 3 passes décisives) leur permet de se qualifier pour la finale. La Berruyère, en partance pour Montpellier, est un talent rare dans le basket féminin mais va passer au travers de la dernière rencontre en signant un 5/20 aux tirs. La France explose, 60-76 et repart de Slovénie avec une médaille d’argent, sa troisième défaite de suite en finale chez les U18. "Je retiens l’aventure mais pas la médaille", regrette Jérôme Fournier. "J’essaye de rester positif avec mes équipes mais le langage du corps peut trahir. Encore une fois on était sur la deuxième marche à écouter un hymne qui n’était pas le nôtre."

Un an plus tard, les U18 briseront la série. Avec Arnaud Guppillotte sur le banc et Alexia Chartereau en MVP. Une joueuse qui avait déjà pesé en 2015 en tournant à 12,0 points et 10,4 rebonds de moyenne avec un an d’avance. "Je savais qu’elle deviendrait une joueuse intéressante mais ça serait prétentieux de ma part de dire que j’imaginais sa carrière", confesse Jérôme Fournier qui avait choisi de la nommer capitaine en cours de préparation. "Elle s’est découvert une âme de leader. C’est là où je me suis dit qu’elle avait sans doute quelque chose de plus." Dans un groupe où la gestion des personnalités aura été délicate, la conquête de l’argent démontre s’il en était encore besoin que l’unité d’un groupe ne détermine pas le résultat final. "Il n’y a pas de recettes. Je me demande même si tu n’as peut-être pas plus de chances de gagner avec des gens qui ne s’entendent pas", s’interroge Jérôme Fournier.

Surtitre: 
ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Vendredi, 3. Juillet 2020
Vignette: 
Catégorie 2: 
Chapeau: 
Malgré une alchimie incertaine et une blessure handicapante, l’Equipe de France U18 féminines atteint la finale de l’Euro en 2015, en Slovénie.
crédit: 
FIBA
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